18 mars 2009
en un écho - bref récit
Es-tu l’effacée ?
Je ne peux pas t’effacer.
Tes pas martèlent le sable de leur rythme éphémère.
Tes traces ordonnent sa surface d’un ourlet délicat.
Es-tu l’oubliée ?
Je ne peux pas t’oublier.
Les lignes de ton visage dessinent un masque plus aigu.
Tu esquisses un sourire que tes traits pourtant durcissent.
Es-tu l’abolie ?
Je ne peux pas t’abolir.
Tu aimes cette heure qui appartient à l’univers de tes passages, aux reflets de tes silences.
Toujours elle devance l’aube.
Es-tu l’affamée ou encore l’assoiffée ?
Je ne peux plus te rassasier ni étancher ta soif.
A l’ourlet de la mer, tes pas se font plus lourds. Mieux dessinés leurs contours creusent une demeure.
Or, la lune gibbeuse toujours te revêt de ses cendres.
Une musique se joue que tu ne peux entendre. Je reconnais ta magnifique interprétation de la sonate pour un alto solo de Ligeti. Dense, tu tisses cette phrase unique et parfaite, au long chuintement précieux, et ses multiples plans vibrent encore au souvenir de tes gestes.

