04 avril 2008
le malheur des pierres
Comme toujours l'épreuve quotidienne : Affrontant avec grande impatience le grignotement du temps, flottant tel bouchon de liège sur le constant brouhaha des flux qui s'entrecroisent, tourneboulé dans la tempête des pensées qui jaillissent de tout corps habité - friable aiguillon de la matière - je m'efforce d'être.
Non, même pas. Ce verbe est trop fort, rugueux comme une pierre précisément ancrée au sol qui le soutient, qui se l'attache. 
J'emprunte à Proust la phrase qui me semble définir ce que parfois, les jours de grande chance, je ressens : " ce sentiment de l'existence comme il peut frémir au fond d'un animal".
Mon expérience de la vie est alors semblable à ce léger souffle de conscience aboutie, cette flottante mousseline qu'un arachnéen tissage promet à la volupté d'une nuque de jeune fille. Fugace plus qu'éphémère, sensuelle et émouvante, moins chatoyante qu'irisée, expérience d'une fusion inattendue, espérée pourtant, comme l'extase du carbone lorsque, déplacées, ses molécules s'épanouissent en diamant. Corolle d'un instant à l'éternel accolé.
(peinture de l'auteur)
30 mars 2008
d'années passées, passé damné ?
S'écoulent insolemment les heures multiples qui n'en finissent pas de s'ajouter.
Calcul au total prévisible pourtant imprévu, inconnu comme ces empreintes d'animaux fabuleux que l'on ne croise qu'en rêve. Devant ce Dieu : Faire sa révérence ou bien la tirer ? L'attirer par toutes ces prières entremêlées sans lesquelles il ne serait plus que l'ombre de nos mains à jamais décroisées. Multiplication de l'unique qui n'en saura pas moins rester Un.
Mystification de l'être cloué au mitan du transept où ne prévaut que l'abandon des jadis et des naguère. Eprouver dans sa chair que picorent des aiguilles indécises l'hésitation des chemins.

