© Lettres d'ailleurs, d'ailleurs

Dits et écrits : espaces intérieurs, temps présents flottant entre passés irrémédiables et avenirs à peut-être venir. Mots jetés, paroles à confronter, idées à (dé)partager. (sauf indication contraire, peintures, dessins et photos sont de l'auteur avec ©)

20 juillet 2007

écorces réunionnaises

_corces_r_unionnaises

Etait-ce un banyan ou bien un de ces arbres au bois de couleur qui bruissait de vie au coeur de la forêt primitive ? Je ne le sais plus, ni ne veux m'en souvenir.

Ils étaient alors des centaines dressés dans la haute forêt. Pourtant, au mileu de tous les autres, celui-ci avait attiré mon regard. J'avais de loin senti  la force de son appel.

Grâce au recul du temps, c'est avec moins d'émotion que je regarde la trace, l'empreinte de ce visage blotti dans la nacre de l'écorce, le sourire figé sur les lèvres trop minces, le nez joliment retroussé, le vaste front et l'oeil droit sombre et immense.

Je me souviens qu'après m'être approché, je m'étais tenu immobile devant lui. Tout de suite le visage s'était imposé. J'y lisais un soupçon de fierté retenue, un rien de méfiance contenue. Après un instant je m'étais décidé à tendre la main pour le caresser doucement et j'avais alors pensé que c'était sans doute par compassion  que son regard s'était refermé sur lui-même, qu'il n'avait pas voulu me brûler, qu'après m'avoir attiré, les paupières maintenant  closes, il était satisfait.

Je n'en suis plus si sûr aujourd'hui.

Il est des rencontres violentes dont la beauté énigmatique  ne s'apaisera jamais.

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27 mars 2007

deuxième ou second ?

vers_agamemnon

vers Agamemnon...

C'est l'éternelle question : entre la continuité et l'instant clos, que choisir ? S'engouffrent dans cette bête interrogation mes habitudes de pensées. Suis-je un optimiste convaincu ou un pessimiste militant ? Je n'en sais trop rien. Avoir recours au champ moral (ou éthique - autre questionnement) pourrait toutefois m'offrir une réponse immédiate. Mais en ai-je envie ?

Fouillons un peu : Si je me décide pour deuxième c'est qu'un troisième va ou pourra advenir. En tout cas, il est en route quelque part. Mais quand, où, comment et pourquoi ?  A l'instant où j'énonce ce numéral ordinal culotté, nul ne le sait. La suite n'est pas finie, c'est tout ce que je peux en dire. Si, en revanche, j'énonce second alors, endossant les attributs de l'Omnipotent Silencieux, j'affirme que c'en est fini, que toute possibilité de lignage ou de lignée est interrompue, écrasée. En ai-je le droit ? le pouvoir ? Je questionne et me voilà de nouveau pris à barboter dans le champ moral, à me mirer dans le miroir éthique.

La solution de ce minuscule mais pas si innocent questionnement, la voie hors de l'aporie, sont à chercher dans le pli. Si pli deleuzien (ou autre) il y a, alors j'obtiens un répit. Ma vision, mon raisonnement chétifs peuvent être pardonnés de leur imperfection puisqu'ils sont troublés par un science-fictionnel, voire ontologique repli du temps - ou de la conception et de la compréhension que j'en ai - repli en tout cas où le tout et le rien peuvent se nicher.

En somme, objets et événements n'auraient rien à voir avec les individus qui les vivent ou les contemplent. Ils auraient leur manière bien à eux d'être hors d'atteinte, ils jouiraient de leur propre vie, de leur extension propre.

Mais si celà est vrai, à quoi donc sers-je ? comme ne manquerait pas de demander mon pote du Sentier.

Posté par hubris36 à 18:17 - déchiffrements - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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