10 juin 2009
à l'ami comédien, au texte confondu
au texte, confondu
les ombres de tes mots parcourent mon visage
que mes lèvres
- quelques secondes encore -
retiennent,
je marche dans le silence des projecteurs...blanc ;
inaccompli,
comédien perdu dans tous mes êtres
j'attends de devenir corps
à mon corps défendant
déjà mes gestes s'accumulent
au pourtour de cet homme
qu'à l'éveil je serai...
Tes yeux,
par mon regard,
avides, en croisent d'autres
mais moi, amas inouï aux êtres successifs,
je te donne mes sens, t'offre mes espaces
aux arpents infinis
sculptés dans ma mémoire.
Prends-les
mon étranger, si proche de mon âme
tu n'es que l'au-delà si sauvage, si cruel
de la mort qui m'attend.
30 mars 2008
d'années passées, passé damné ?
S'écoulent insolemment les heures multiples qui n'en finissent pas de s'ajouter.
Calcul au total prévisible pourtant imprévu, inconnu comme ces empreintes d'animaux fabuleux que l'on ne croise qu'en rêve. Devant ce Dieu : Faire sa révérence ou bien la tirer ? L'attirer par toutes ces prières entremêlées sans lesquelles il ne serait plus que l'ombre de nos mains à jamais décroisées. Multiplication de l'unique qui n'en saura pas moins rester Un.
Mystification de l'être cloué au mitan du transept où ne prévaut que l'abandon des jadis et des naguère. Eprouver dans sa chair que picorent des aiguilles indécises l'hésitation des chemins.
17 janvier 2008
Parcourir le tableautin
Fouiller ce tableautin ? Facile à dire mais il faudra s'apprêter avant de songer à y pénétrer. On commencera donc par choisir dans son dressing-room, là où est accrochée, derrière la longue file des vêtements de parade sociale, sur la seconde longue barre de cuivre irréprochablement polie, parmi la série des corps à enfiler. Qu'aucune inquiétude ni ambiguïté ne vous effleure. Il ne s'agit nullement d'une collection de trophées macabres prélevés sur des corps dépecés mais simplement de ces combinaisons ajustables que les récents progrès de la recherche orientale ont mis depuis peu à la disposition des esprits curieux et courageux qui veulent pénétrer des espaces restés jusqu'alors hostiles à l'homme, qu'il s'agisse d'y accomplir une banale balade postprandiale ou d'y entreprendre une exploration minutieuse conduite par des experts de tout poil et de tout niveau.
L'expression "Combinaison ajustable" incite d'ailleurs à une précision supplémentaire. Il ne s'agit pas de trouver costume à sa taille, c'est le corps qui s'engouffre dans le vêtement qui en prend instantanément et sans douleur les dimensions, les formes et les couleurs. Toute transformation est envisageable et réversible sauf celle qui offre l'invisibilité dont les caractéristiques défient encore les chercheurs orientaux.
Tentons donc l'expérience et partageons nos premières impressions. Rendez-vous en phase 2 dans la peau choisie !
09 septembre 2007
avancer dans les chimères d'un tableau
Marcher entre ombre et lumière juste où le rayon vert sépare terres et océans,
s'avancer sans répit tandis que de sa lame le rasoir d'Okham tranche ses abîmes,
parcourir le vide de Lucrèce courbé sous le fardeau de pierres aux fers érigés,
lancer toujours vers le grand lointain la flèche de Zénon aux pennes enluminés,
promettre de ne jamais se retourner de peur que par malheur le temps ne se fige
inscrire enfin ses pas
au hasard de la poussière
aux frémissantes lumières.
Alors s'en viendra le temps.
02 avril 2007
Un jour vient de naître
tableau d'un mercredi
Il naît ce paysage. Il fixe ses limites, développe les mécanismes de sa géographie, délimite ses règles, arbore dans son présent soudainement apparu les alluvions de son passé. Il tente de façonner ses rides à venir.
Il sait qu'à cette heure précise, son ciel d'un rose bleuté relève de l'étrange, qu'il ne peut abriter que des oiseaux de haut vol venus d'un ailleurs lointain, que sa terre lavande aux excroissances acérées incite à la prudence, que l'humain commun y serait malvenu, qu'il risquerait de s'engluer dans ces bandes d'une précision saugrenue.
Et pourtant il existe. Le trait de la plume, la caresse du pinceau l'ont fait naître et le renforce dans sa détermination à perdurer.
Après tout, n'en est-il pas ainsi de l'homme dont la liberté d'être et d'agir se heurte à l'obligatoire, à l'interdit, à la vérité toujours partisane, au libre arbitre ficelé ?
Pourtant, à tout prendre, différent, il va son chemin...
31 mars 2007
Parlons encore de paysages
tableau d'un mardi
Tentant de rattraper un temps qui ne cesse de fuir à l'horizon, là où rien ne le bloque, j'abandonne lundi à un autre jour.
Mardi, ce nouveau paysage ? Chronophage passage, saut vers ce jour présent encore frémissant de sa récente naissance. A peine hors limbe, il dévore déjà à coups de secondes minutieuses, sa cargaison d'heures flottantes.
Là-bas, où s'agite l'ailleurs, un astre indéfini déverse ses lumières. Blanc devenu ? Or à venir ? Rien ne paraît figé.
Ici, pourtant ce devrait être le matin mais, sous le fuseau des heures qui vous abrite, encoconné au coeur de votre sablier, où en sont les aiguilles de ce mardi qui inlassablement vous tricotent ?
28 mars 2007
les sept paysages d'une semaine
tableau d'un dimanche :
un paysage pour chaque jour de la semaine
Le jeudi est déjà publié. Les autres jours suivront. Mais, peut-il être question de jeudi ou de dimanche dans un paysage intérieur ? Une fois tous les jours visibles, vous pourriez à votre gré les renommer en utilisant les commentaires ou en m'écrivant.
S'agit-il - dans ce tableau d'un dimanche - d'un début ou d'une fin, d'un commencement ou d'un aboutissement, d'un champ clos ou de la vue parcellaire d'un espace immense ?
Tout dépend de l'angle de vision choisi. Un peu comme notre vie, n'est ce pas ? Unique, irremplaçable ou inscrite dans l'incompréhensible continuité d'où nous émergeons éphémèrement.
23 mars 2007
en un tout premier jour
tableau d'un jeudi
Parcours à peine commencé. Faire jaillir des pensées, des idées au fil quotidien...
Fils qui se tissent - en devenir- ouvrant trames et éventails. Je serai donc un être virtuel, lisible pourtant.
Disons : un homme - arbre sans racines - dont la surface biologique aplatie ne dépasse pas 2 ou 3m². Il remue ses pensées en sémaphore comme le feuillage d'un arbre gigantesque. Eux, les arbres, je viens de l'apprendre, pour puiser force et nourriture, étalent branches, troncs, feuilles, ramures et racines sur une surface où, ajoutés les uns aux autres, ils représentent plusieurs hectares. Vous imaginez si, avec nos pensées s'ajoutant à notre corps, on pouvait faire de même !
Ce serait un tableau à la Leonardo : un Homme dressé, aux membres écartés, arborant ses pensées en une toile arachnéenne où s'accrocheraient mots, phrases et lettres de formes et couleurs variées, tout de flamboiement et de scientillement.
Il y aurait des pensées inutiles, ramures mortes et défaites, des branches maîtresses arborant fièrement nos structures mentales conscientes. De vagues mouvements, des murmures avortés se dessineraient, s'estomperaient ou s'effaceraient au gré de vents inconscients qui s'en viendraient secouer nos feuillages d'idées en courants contraires.
Bonne lecture donc ! Que les vents ne nous soient pas trop souvent contraires !





