26 août 2009
aux lichens, constituée
Retravaillé, ce poème, à son tour, tisse un lien furtivement tendu vers l'Iliannah de Bergames.
Pourquoi donc ces images de sable, de mondes enfouis, de révélations obscures, que la lumière tremblotante d'une absconse éclaire avec peine, me hantent-elles avec tant de constance ? Un psychanalyste ami y eut jadis trouvé matière à médire (à me dire...à me faire dire...)
Cet aller-retour en équilibre instable entre ces deux sites pourrait vous rappeler le monstrueux, le sublime puzzle aux pièces de marbre blanc que Laurence Olivier tente de maîtriser dans Le Limier, film dont le titre anglais The Sleuth évoque à merveille, n'est ce pas, nos célèbres serpents siffleurs...
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Pour que revienne ta vie, effacée dans le sable
-aux lichens, constituée-
où denses, appesantis
tes os sont sans mémoire,
Pour que ton visage - intaille trop parfaite
se saisisse et renaisse,
défasse le figé de ses traits amoindris,
remodèle le tracé de sa chair
qui fut vive
sous mes lèvres enfouie :
je décline ce cri
écartelé déjà
(qui se sait silencieux)
où s'engouffrent furieux mes temps et mes espaces
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Immobile, déjetée, ma silhouette évidée
au pourtour de sable
s'apprête
(subliminale)
à ta naissance qui s'en vient
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Tourneur, mon corps zigzague
au rythme silencieux des tambours du vent
Par saccades, il prend l'amble
puis, danseur
-noyé en devenir aux strates infinies-
-derviche blanc, symptomatique luminaire-
à rebours il gravit les vides accumulés
vers l'abîme
n o i r
de nos naissances
par leurs passés, accomplies.
03 août 2009
Ralenties -lien-
Ce poème se veut lien, enjambement, lignes de traverse entre l'Iliannah de Bergames qui se fuit et sur la plage disparaît et toi, toi que chacun de nous en son coeur accueille, toi l'ami(e) toujours bien-nommé(e) toi l'amour toujours bien-aimé(e)...
dessin de Cyrille Hassoun
Vers les pierres de mémoire où fusionnent mes nuits
gravée de devenirs
discontinue tu erres
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la trace de tes pas au sable dénudés
dessine un cercle d'or -miroir des étoiles-
où ton corps impalpable
s'efface,
disparaît
(à l'improbable granit ton visage se dérobe
le Gardien de la Passe en dessine les traits)
tes formes, passagères aux fulgurants secrets
célèbrent éperdues
l'indicible abandon de nos chairs partagées
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maelström à rebours
tu remontes en mon corps
et pervertis mes os
tu humes mes odeurs
et t'appropries mes nuits aux carapaces fauves
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tu meurs dans mon corps
comme on naît à la vie.


