© Lettres d'ailleurs, d'ailleurs

Dits et écrits : espaces intérieurs, temps présents flottant entre passés irrémédiables et avenirs à peut-être venir. Mots jetés, paroles à confronter, idées à (dé)partager. (sauf indication contraire, peintures, dessins et photos sont de l'auteur avec ©)

26 août 2009

aux lichens, constituée

Retravaillé, ce poème, à son tour, tisse un lien furtivement tendu vers l'Iliannah de Bergames.

Pourquoi donc ces images de sable, de mondes enfouis, de révélations obscures, que la lumière tremblotante d'une absconse éclaire avec peine, me hantent-elles avec tant de constance ? Un psychanalyste ami y eut jadis trouvé matière à médire (à me dire...à me faire dire...)

Cet aller-retour en équilibre instable entre ces deux sites pourrait vous rappeler le monstrueux, le sublime puzzle aux pièces de marbre blanc que Laurence Olivier tente de maîtriser dans Le Limier, film dont le titre anglais The Sleuth évoque à merveille, n'est ce pas, nos célèbres serpents siffleurs...

***

Pour que revienne ta vie, effacée dans le sable

-aux lichens, constituée-

où denses, appesantis

tes os sont sans mémoire,

Pour que ton visage - intaille trop parfaite

se saisisse et renaisse,

défasse le figé de ses traits amoindris,

remodèle le tracé de sa chair

qui fut vive

sous mes lèvres enfouie :

je décline ce cri

                  écartelé déjà

(qui se sait silencieux)

où s'engouffrent furieux mes temps et mes espaces

    ****

Immobile, déjetée, ma silhouette évidée

au pourtour de sable

s'apprête

       (subliminale)

                     à ta naissance qui s'en vient

      ****

Tourneur, mon corps zigzague

au rythme silencieux des tambours du vent

Par saccades, il prend l'amble

puis, danseur

               -noyé en devenir aux strates infinies-

-derviche blanc, symptomatique luminaire-

à rebours il gravit les vides accumulés

vers l'abîme

                    n o     i          r

de nos naissances

                   par leurs passés, accomplies.

Posté par hubris36 à 13:26 - poésie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


03 août 2009

Ralenties -lien-

Ce poème se veut lien, enjambement, lignes de traverse entre l'Iliannah de Bergames qui se fuit et sur la plage disparaît et toi, toi que chacun de nous en son coeur accueille, toi l'ami(e) toujours bien-nommé(e) toi l'amour toujours bien-aimé(e)...

le_baptis_

dessin de Cyrille Hassoun

Vers les pierres de mémoire où fusionnent mes nuits

gravée de devenirs

discontinue tu erres

****

la trace de tes pas au sable dénudés

dessine un cercle d'or -miroir des étoiles-

où ton corps impalpable

s'efface,

          disparaît

(à l'improbable granit ton visage se dérobe

le Gardien de la Passe en dessine les traits)

tes formes, passagères aux fulgurants secrets

célèbrent éperdues

l'indicible abandon de nos chairs partagées

****

maelström à rebours

                     tu remontes en mon corps

et pervertis mes os

tu humes mes odeurs

et t'appropries mes nuits aux carapaces fauves

****

tu meurs dans mon corps

                   comme on naît à la vie.

Posté par hubris36 à 14:48 - poésie - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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