© Lettres d'ailleurs, d'ailleurs

Dits et écrits : espaces intérieurs, temps présents flottant entre passés irrémédiables et avenirs à peut-être venir. Mots jetés, paroles à confronter, idées à (dé)partager. (sauf indication contraire, peintures, dessins et photos sont de l'auteur avec ©)

21 juin 2009

Repères - à G.

Dans le titre donné la phrase gît déjà

pensée étincelante qui s'en veut de mourir ;

nos corps apaisés entendent les mots qui sonnent

répons interdits, des cultes ignorés

***

Jamais les mots obtus ne brisent le silence,

leur gangue même éclatée ne répand pas de sève

la vie est au-delà

***

au crucifix de la peau la douleur s'écartèle

            il est tard pour pleurer

***

les douleurs tapies harcèlent nos atomes

leurs rafales acérées blanchissent nos ivoires

***

Il est de ces bateaux

  aux coques tailladées par des lames vivaces

     dont l'ombre multiple erre

         incapable de trouver la mère de sa nuit

***

D'improbables retours, le temps est détourné

l'écriture meurtrie ne reprend qu'à demi

                                   ce qui fut trop aimé

Les étangs insensés qui battaient dans nos corps

à jamais se déprennent -leurs fonds sont inversés-

***

Des roseaux déjetés vibrent dans le vent,

leurs brindilles osseuses abritent des hérons

gris et argentés qui rêvent d'océans...

mais, écartelées, nos âmes aux spores inconnues

          s'arc-boutent indécises -

                  leurs devenirs dépris, au temps ne convient plus.

Poème retravaillé, réécrit ce jour.

Posté par hubris36 à 20:19 - poésie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Merci...

Ces mots sont d'une telle beauté, cher Paul, que je n'en trouve pas d'assez forts pour dire l'émotion qui me submerge.
Alors, tout simplement, mais du plus profond de mon coeur, merci.
Toujours très sincèrement à toi.

Posté par Ghislaine, 24 juin 2009 à 22:42

à Ghislaine

Ton "Y aura-t-il..." de Vermischter Stil a une telle force et tes mots, mon amie, y sont d'une telle évidence qu'il faudrait être Paul Celan pour y répondre à la même hauteur. Je pense à ce poème qui me bouleverse à chaque lecture "Todesfuge" où la douleur d'être et de n'être pas à ce même dur et tendre éclat que tes mots. Il faudrait le citer en entier...
"Repères" n'est qu'une série de fragments éclatés qui tentent malhabilement d'évoquer l'impensable. Savoir qu'il t'a plu lui donne tellement plus d'éclat. Paul

Posté par Paul, 25 juin 2009 à 00:03

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