18 juin 2009
Capharnaüm
Par haute marée les terrils violacés
vibrent
ensoleillés sous les charbons noirâtres,
hérissés d'herbes en pelade,
pourtours illuminés d'ombres insignifiantes
aux rougeurs subreptices.
***
Jour après jour je viens et je rôde
sur ces houilles encrassées
-lignites ferreux aux gris incandescents, aux cendres écaillées-
salpêtres cautérisés, terres vives trop lointaines
où bat désaccordé mon pouls subliminal.
***
A l'aube, décalée par nos paraîtres incertains
ta silhouette vibre
- yeux mauves ni de pluie ni de vent-
ma chair découpée, aux traces de la nuit
filiformes et obscures, arpente un canal.
***
Figées, des grues
-rauque rouille craquant sous le silence-
s'apprêtent à mourir
quand le ciel assombri défait nos innocences.
***
Près d'Haumont une rue -corons répétitifs-
aux pavés alourdis du poids de mon ivresse
hoquète de vagues devenirs.
***
Le tocsin dans mon crâne hurle ses souvenirs
je cherche à te parler
et mes mots préfigurent de graves labyrinthes :
Azaziel parcourt les jardins d'Alexandre
il cherche leur issue dans sa vie, feuilletée
Я пережил свои желанья- *
***
Ma souffrance demeure
inquiète, revenue
battements de mon coeur, à l'amble décroché
qui ralentis répétent
l'incohérente fin prévisible à demi.
* ia peregil svaï geleniia : j'ai survécu à tous mes désirs - A.S. Pouchkine
Poème tiré de mon recueil "Sulfures au corps", aujourd'hui retravaillé pour cette présentation.
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