30 mai 2009
aux détours infinis
La pluie cette nuit criaille à mes fenêtres
Repliées, endiguées,
nos heures -aux volutes défaites-
arc-boutent leurs ombres.
Insoumises, acharnées,
d'espaces en espaces
nos mémoires s'aventurent
où rôde le divin.
Sans trêve, sans répit
mes traques -de rêve en rêve-
débusquent l'infini
des maelstroms dérivent, se détournent, s'enfouissent
- aux flagrances indicibles -
Parenthèses trop étroites à nos corps accomplis
des céruses argentées
dessinent nos limites
un instant oubliées
Encombrées pourtant,
nos âmes insatiables
à jamais se repaissent
de la mémoire des temps.
25 mai 2009
Dis moi, ma bien aimée, l'immortalité, c'est pour quand ?
Innocent dans le noir
Toi, antinomique
au visage de cire
mon immobile père
quitté par ce qui est
La mémoire de mes mains
retient pour une vie
la marque inachevée de ton œil prévisible
Absence insensée de ton corps défait
retenu à demi par cette boîte intense
Silence souligné du rideau d’hôpital
quand triste tu murmurais
- je n’en peux plus
de vivre –
mais hoquetant tu glisses
porphyre au sable grège
vers ta mort accomplie
innocent dans le noir
pourtant impardonné
tu es le froid envers
de mes rêves d’enfant.
(Poème ici modifié ; déjà publié dans mon recueil « Sulfures au Corps » ISBN : 274830057-2)
18 mai 2009
Au jour nocturne, Azaziel
Azaziel repu des fossés d’Alexandre
ton ombre improbable aux neiges éclatées
erre de mur en mur.
Ocre et mauve, des rouilles tapissent les sols gelés
aux traces défroissées
Deux fois j’ai longé les murailles du Kremlin
mes enjambées de fatigue se resserrent
le temps vient à sa fin
je marche et me retourne
mais l’ombre n’est plus là qui me disait d’aller
Pourtant de temps en temps une main me presse
me pousse vers l’avant
gentiment me bouscule
Va mon âme, va, tendre est ton visage
tisse de tes pas le tissu du chemin
je te suis à la hâte
ton haleine givrée me hâle, me reprend
surtout ne m’attends pas
Va mon âme va
Inversé le blanc de la neige tout à coup est nocturne
mes pas s’enfoncent, crissent
mes bottes mal lacées laissent passer le froid
je force mon allure
C’est au troisième cercle que la mort m’attend.
Poème déjà publié dans le recueil « Sulfures au corps » en 2001 et légèrement modifié pour cette présentation. J’avais pris cette photo bien des années plus tôt, après une longue nuit d’errance dans le vieux quartier de l’Arbat.
15 mai 2009
à toutes celles et ceux qui me font le bonheur de me lire
me voici repris par une écriture autre...
Récit, la rivière aux bergames coule dont ne sait trop quelle source ; lourde correspondance, échange de lettres, parfois fébriles, souvent douloureuses, toujours passionnées tant -presque toujours- nos souvenirs nous honorent.
Implacables cependant, ne témoignent-ils pas d'un passé qui demeurera à jamais en l'état - inachevé...
J'ai voulu dissocier ce récit des billets et autres textes qu'au fil mince de mes idées aux logiques, hélas souvent bancales, je vous soumets de temps à autre.
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