© Lettres d'ailleurs, d'ailleurs

Dits et écrits : espaces intérieurs, temps présents flottant entre passés irrémédiables et avenirs à peut-être venir. Mots jetés, paroles à confronter, idées à (dé)partager. (sauf indication contraire, peintures, dessins et photos sont de l'auteur avec ©)

18 mai 2009

Au jour nocturne, Azaziel

Azaziel repu des fossés d’Alexandre

ton ombre improbable aux neiges éclatées

erre de mur en mur.

Ocre et mauve, des rouilles tapissent les sols gelésSt_Basile___la_Place_Rouge

aux traces défroissées

Deux fois j’ai longé les murailles du Kremlin

mes enjambées de fatigue se resserrent

le temps vient à sa fin

je marche et me retourne

mais l’ombre n’est plus là qui me disait d’aller

Pourtant de temps en temps une main me presse

me pousse vers l’avant

gentiment me bouscule

Va mon âme, va, tendre est ton visage

tisse de tes pas le tissu du chemin

je te suis à la hâte

ton haleine givrée me hâle, me reprend

surtout ne m’attends pas

Va mon âme va

Inversé le blanc de la neige tout à coup est nocturne

mes pas s’enfoncent, crissent

mes bottes mal lacées laissent passer le froid

je force mon allure

C’est au troisième cercle que la mort m’attend.

Poème déjà publié dans le recueil « Sulfures au corps » en 2001 et légèrement modifié pour cette présentation.  J’avais pris cette photo bien des années plus tôt, après une longue nuit d’errance dans le vieux quartier de l’Arbat.

Posté par hubris36 à 23:27 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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