18 mai 2009
Au jour nocturne, Azaziel
Azaziel repu des fossés d’Alexandre
ton ombre improbable aux neiges éclatées
erre de mur en mur.
Ocre et mauve, des rouilles tapissent les sols gelés
aux traces défroissées
Deux fois j’ai longé les murailles du Kremlin
mes enjambées de fatigue se resserrent
le temps vient à sa fin
je marche et me retourne
mais l’ombre n’est plus là qui me disait d’aller
Pourtant de temps en temps une main me presse
me pousse vers l’avant
gentiment me bouscule
Va mon âme, va, tendre est ton visage
tisse de tes pas le tissu du chemin
je te suis à la hâte
ton haleine givrée me hâle, me reprend
surtout ne m’attends pas
Va mon âme va
Inversé le blanc de la neige tout à coup est nocturne
mes pas s’enfoncent, crissent
mes bottes mal lacées laissent passer le froid
je force mon allure
C’est au troisième cercle que la mort m’attend.
Poème déjà publié dans le recueil « Sulfures au corps » en 2001 et légèrement modifié pour cette présentation. J’avais pris cette photo bien des années plus tôt, après une longue nuit d’errance dans le vieux quartier de l’Arbat.
Commentaires
Absente quelques jours, j'emporte aux bagages quelques lignes poètes qui vont me faire rêver.
Vous vous doutez bien, cher paul, de mon émotion à cette lecture.
Cher Henri-Pierre, ces lieux autres que l'on parcourt parfois emporte la tristesse. L'émotion m'a pris en lisant ce qu'un des officiants à la cérémonie de Notre-Dame disait hier : " Nous sommes venus donner ensemble un lieu à ceux qui ont disparu dans un lieu qui n'existe pas"...N'est ce pas une terrible mais consolante définition de l'absence et de la mort ? Prenez soin de vous.
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