20 juillet 2007
écorces réunionnaises
Etait-ce un banyan ou bien un de ces arbres au bois de couleur qui bruissait de vie au coeur de la forêt primitive ? Je ne le sais plus, ni ne veux m'en souvenir.
Ils étaient alors des centaines dressés dans la haute forêt. Pourtant, au mileu de tous les autres, celui-ci avait attiré mon regard. J'avais de loin senti la force de son appel.
Grâce au recul du temps, c'est avec moins d'émotion que je regarde la trace, l'empreinte de ce visage blotti dans la nacre de l'écorce, le sourire figé sur les lèvres trop minces, le nez joliment retroussé, le vaste front et l'oeil droit sombre et immense.
Je me souviens qu'après m'être approché, je m'étais tenu immobile devant lui. Tout de suite le visage s'était imposé. J'y lisais un soupçon de fierté retenue, un rien de méfiance contenue. Après un instant je m'étais décidé à tendre la main pour le caresser doucement et j'avais alors pensé que c'était sans doute par compassion que son regard s'était refermé sur lui-même, qu'il n'avait pas voulu me brûler, qu'après m'avoir attiré, les paupières maintenant closes, il était satisfait.
Je n'en suis plus si sûr aujourd'hui.
Il est des rencontres violentes dont la beauté énigmatique ne s'apaisera jamais.
Commentaires
Une sensibilité totale et à fleur de peau .Il y a dans la vie des moments où nous ne faisons plus qu'un avec mère -nature .Moments inoubliables et sensuels.
à Nysida
Merci de tes mots Nysida. C'est un plaisir de te lire ici. Cet étrange visage gravé par la nature dans le tronc nacré de cet arbre m'avait véritablement bouleversé.
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